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Comment pouvons-nous soutenir un plaidoyer local plus fort pour la santé reproductive en Afrique?

Auteure : Althea D. Anderson, Administratrice de Programme pour le Programme de développement mondial et de population de la Fondation William et Flora Hewlett

English version

Lorsque nous nous réunirons à Kigali plus tard ce mois-ci, ce sera une chance pour nous tous – chercheurs, défenseurs, décideurs, donateurs et praticiens de la santé reproductive – de poursuivre notre travail visant à aider 120 millions de femmes supplémentaires dans le monde à accéder à une contraception désirée et de qualité d’ici 2020. Tandis que de nombreuses conférences internationales sur la planification familiale se sont concentrées sur un accroissement de l’aide – provenant d’institutions de développement multilatérales et bilatérales – afin d’élargir l’information et les services de santé en matière de procréation, je me réjouis de mettre un accent toujours croissant sur le rôle important que le plaidoyer local en Afrique doit jouer pour accroître et maintenir l’accès des femmes à la planification familiale.

Le plaidoyer local joue un rôle central pour veiller à ce que les gouvernements respectent leurs engagements à améliorer la santé et le bien-être des citoyens qu’ils servent. En matière de santé reproductive, les indicateurs de progrès relatifs à ces engagements comprennent les politiques et les allocations budgétaires nationales et infranationales, ainsi qu’une offre et un accès accru à la contraception et aux services de santé reproductive. Une société civile dynamique est l’une des forces motrices d progrès en matière de santé reproductive que nous avons constaté jusqu’à présent, notamment l’approbation par le Kenya d’un contraceptif auto-injectable et un décret récemment adopté au Bénin qui dispense les jeunes de payer pour les services de santé reproductive. Ces succès suggèrent que le paysage du plaidoyer en faveur de la santé reproductive et de la planification familiale a considérablement changé ces dernières années.

L’un de ces changements est un changement parmi les donateurs pour approfondir les investissements dans les organisations de la société civile (OSC) locales engagées dans le plaidoyer en faveur de la santé de la reproduction. Les OSC locales sont souvent mieux placées pour travailler en étroite collaboration avec les décideurs, les dirigeants communautaires et les citoyens de leurs propres pays afin de s’assurer que les engagements nationaux se traduisent par un financement accru et un meilleur accès aux services et aux produits de base. La Fondation William et Flora Hewlett a collaboré avec d’autres donateurs pour trouver des moyens d’apporter davantage d’argent et de ressources à ceux qui peuvent plaider en faveur d’un changement durable. En tant que fondation basée aux États-Unis et employant un nombre limité d’individus, cela signifie orienter les investissements principalement vers des intermédiaires qui, à leur tour, accordent des subventions aux organisations de la société civile locales.

En 2016, la Fondation Hewlett a lancé une nouvelle sous-stratégie d’octroi de subventions pour soutenir le plaidoyer local en faveur de la santé reproductive en Afrique. La sous-stratégie vise à orienter les organismes et les autorités vers les OSC qui plaident pour un financement et un accès accrus à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. Les principes directeurs de la sous-stratégie sont : d’appuyer les priorités locales en matière de défense des politiques; de renforcer et soutenir la capacité de plaidoyer; de promouvoir des partenariats équitables et de créer une responsabilité mutuelle entre les bailleurs de fonds, les bénéficiaires et les OSC; et de mesurer les progrès et de s’adapter.

La vision est un secteur d’OSC local dynamique en Afrique, capable d’influencer de manière efficace et positive les politiques de planification familiale et de santé reproductive ainsi que les décisions de financement de leurs propres gouvernements et donateurs. L’approche accorde une attention égale aux personnes, aux processus et aux résultats, car nous croyons que la manière dont nous travaillons ensemble et que les principes qui sous-tendent nos relations de travail affectent notre capacité à obtenir des avantages durables en matière de plaidoyer et à améliorer les résultats en matière de santé reproductive.

Voici ce que nous avons observé jusqu’à présent:

1- Le financement du plaidoyer est souvent à court terme, spécifique à un projet et intermittent. En réponse, les subventions quinquennales que nous accordons aux partenaires de plaidoyer – intermédiaires des organisations non gouvernementales internationales (OING) – s’attendent à ce qu’elles offrent un soutien similaire, pluriannuel et flexible, aux partenaires locaux des OSC.

2 – Les organisations locales de défense des droits de la société civile ont des besoins en capacité organisationnelle communs, allant des systèmes de ressources financières et humaines à la sécurité des données, en passant par les communications. Nous avons entendu cela de la part de nos partenaires et d’évaluations préliminaires dans lesquelles les organisations identifiaient de manière cohérente les priorités suivantes en matière de développement des capacités: ressources financières et humaines; sécurité du personnel et des données; suivi, évaluation et apprentissage; création de réseaux et de coalitions; capacité de messagerie et de communication; et compréhension des processus d’élaboration des politiques et participation à ces processus. Nous examinons comment le renforcement des capacités est financé, recherché et mis en œuvre pour répondre aux besoins des défenseurs de la santé de la reproduction en Afrique.

Une partie de notre financement, pour l’engagement opportuniste, va à un ensemble varié d’ONGI qui offrent diverses combinaisons d’assistance continue et d’assistance technique aux OSC par le biais d’initiatives de plaidoyer mondial et de coalitions de plaidoyer régionales. Le plus récent est l’Accélérateur de Plaidoyer, qui promeut un plaidoyer dirigé localement en Afrique en fournissant des plateformes interactives en ligne et en personne pour partager l’apprentissage, la collaboration et l’échange entre les défenseurs de la santé et du développement. En réponse aux contraintes simultanées de la société civile par les gouvernements nationaux et à la montée en puissance des investissements bilatéraux et privés dans le plaidoyer menés aux niveaux local et national, l’accélérateur de plaidoyer explore de nouvelles façons de renforcer l’écosystème du plaidoyer en Afrique.

3 – Les bailleurs de fonds devraient réfléchir à d’autres moyens d’accroître la responsabilité et la transparence dans les relations avec les bénéficiaires, et entre les bénéficiaires et les organisations locales de la société civile. Nous nous sommes associés au Programme de planification et d’évaluation d’Aspen (APEP) pour déterminer si la promotion de partenariats plus équitables entre les donateurs, les bénéficiaires et les organisations locales de la société civile peut contribuer à accroître l’efficacité et l’impact du plaidoyer. L’évaluation nous aidera à déterminer si notre approche en matière d’octroi de subventions a une incidence sur la manière dont nous, donateurs, bénéficiaires et OSC, travaillons les uns avec les autres. En collaboration avec l’APEP, nous partagerons les principales leçons concernant l’efficacité de ce modèle d’octroi de subventions avec le domaine dans son ensemble.

Nous sommes enthousiasmés par la possibilité de maintenir et de faire progresser les avancées récentes en matière de plaidoyer en faveur de la santé en matière de reproduction, en accordant une attention particulière à la définition des priorités locales, à l’efficacité accrue du plaidoyer et au renforcement organisationnel des OSC. Et nous travaillons avec les bénéficiaires et les OSC pour expliquer et comprendre le principe de la responsabilité mutuelle. Une idée clé est que la responsabilité mutuelle inclut des canaux de communication ouverts, une transparence des budgets organisationnels et des opportunités pour les OSC de partager les succès du plaidoyer et les défis rencontrés lors de réunions de haut niveau généralement réservées aux OING. À travers notre sous-stratégie de plaidoyer locale, nous explorerons des moyens d’accroître la responsabilité et la transparence de nos relations avec les bénéficiaires, ainsi qu’entre celles-ci et les OSC locales.

Ces principes sont ambitieux et nous sommes toujours en phase d’apprentissage des différentes manières de les appliquer dans nos pratiques en matière d’octroi de subventions, dans nos relations de financement avec les bénéficiaires, et dans les partenariats de financement et de renforcement des capacités des bénéficiaires avec des défenseurs partout en Afrique. Nous espérons en apprendre davantage de vous tous et des conversations que nous aurons à Kigali sur les opportunités et les défis. Nous reconnaissons également que ces principes constituent, à bien des égards, un changement radical par rapport au financement du plaidoyer en faveur de la santé en matière de procréation. Nous espérons que ce que nous tirerons de nos subventions – en mettant l’accent sur le processus et le contexte – éclairera et influera la manière dont nous travaillons ensemble pour obtenir des résultats durables en matière de santé procréative et de développement.